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Interview du maire
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Deux mois après son élection et sa prise de fonction, le nouveau maire de Saint-Ouen fait le point sur l’organisation qu’il a mise en place, les difficultés qu’il a rencontrées, les premiers dossiers traités, les arbitrages qu’il a dû faire, ses priorités et sa vision pour l’avenir.

Monsieur le Maire, cela fait maintenant plus de deux mois que vous avez

été élu et que vous avez pris vos fonctions. Comment se sont passés ces

deux premiers mois et quels ont été les premiers sujets que vous avez dû

gérer ?

William Delannoy. Les mois d’avril et mai ont été intenses. Les vacances et les ponts ne nous ont pas simplifié la tâche alors que nous devions installer le nouveau conseil municipal, mettre en place les délégations et voter le budget de fonctionnement et d’investissement pour 2014, ce que n’avait pas fait la majorité précédente empêtrée dans ses divisions. Il nous a fallu organiser trois conseils municipaux en un mois !

En parallèle de cette organisation à mettre en place, j’ai eu la mauvaise surprise de découvrir que le budget de la ville était en déséquilibre de 7 millions d’euros sur le fonctionnement, que nous devions emprunter 15 millions d’euros pour pouvoir financer nos investissements (soit un déséquilibre budgétaire total de 22 millions d’euros) et que le budget préparatoire anticipé par l’ancienne majorité intégrait une forte hausse des impôts pour équilibrer le budget 2014 !

Pour moi et l’ensemble des élus de la nouvelle majorité, il était inconcevable d’augmenter les impôts fonciers pour « boucher » les trous laissés par l’ancienne majorité. Nous avons donc décidé de réduire immédiatement un certain nombre de dépenses de fonctionnement afin de trouver un équilibre budgétaire avant le 30 avril, comme la loi nous y oblige.

Aujourd’hui, nous devons prouver à nos partenaires financiers (les banques) que cette nouvelle majorité va travailler plus sérieusement que l’ancienne, sans augmenter les impôts, afin qu’ils nous octroient l’emprunt de 15 millions d’euros nécessaires pour payer les dépenses pharaoniques liées à la construction de la Maison des associations et de ce qui devait être le futur centre administratif que nous avons d’ores et déjà stoppé ainsi que les engagements de la ZAC des Docks.

Nous savions que la ville était fortement endettée et, durant la campagne électorale, nous avions fait état de cet endettement sur 50 ans… mais après les dépenses somptuaires réalisées en 2013, nous avons désormais atteint le stade critique des 70 ans d’endettement - merci Jacqueline !

« Nous avons décidé de réduire immédiatement un certain nombre de dépenses de fonctionnement.  »

Concernant le budget de la ville, quels ont été vos premiers arbitrages ?

Au vu des contraintes financières, il était impératif pour nous de réduire les dépenses et de mettre en place une gestion rigoureuse qui passe, entre autres, par une remise à plat de l’attribution des subventions.

Cette politique nous a amenés à réduire ou à supprimer les subventions accordées à certaines associations. Je tiens d’ailleurs à préciser que la décision que nous appliquons aujourd’hui est en parfait accord avec la position que nous avions déjà quand nous étions dans l’opposition ; nous avons toujours refusé de voter les subventions à ces mêmes associations.

Parallèlement, nous avons demandé des efforts à certains services de l’administration pour revoir leur budget à la baisse en maîtrisant correctement les dépenses mais en veillant toujours à ce que ça n’impacte pas les services rendus aux Audoniens.

À titre d’exemple, nous réduisons de 60 000 euros la subvention annuelle allouée à l’Espace 1789, sur un budget global de plus d’un million d’euros, soit une baisse de 6 %. Cette légère réduction budgétaire pour les uns nous permet de garantir les mêmes subventions pour la majorité des petites associations.

Concernant Mains d’œuvres, je veux être très clair. Notre position est simple : nous ne pouvons et ne voulons pas accorder une subvention de près de 100 000 euros par an à une association qui n’honore pas régulièrement le règlement de son loyer à la collectivité pour un bâtiment de plus de 4 000 m2, propriété de la Ville et donc des Audoniens.

Et il est temps de trouver une nouvelle affectation culturelle à notre bâtiment. Nous avons également décidé de rationaliser le budget communication en réduisant, par exemple, la périodicité du Journal de Saint-Ouen (voir édito en page 3) et en supprimant les affichages sur la bâche de la médiathèque (100 000 euros d’économie sur 1 an).

Nous avons également supprimé la prestation de l’agence de communication externe qui travaillait pour la Ville et dont la facturation pouvait atteindre 500 000 euros par an.

Je considère qu’il est temps que, à Saint-Ouen, Les compétences de nos agents soient valorisées et développées au service de l’élaboration de notre projet de ville. Il y aura certainement beaucoup d’autres choses à revoir pour faire des économies d’échelle et basculer les financements sur les sujets essentiels du quotidien des Audoniens.

Ainsi, nous nous interrogeons sur l’organisation de la fête des associations dont le budget initial était de près de 350 000 euros, en considérant que cet argent pourrait être utilisé au financement des projets et déplacements des associations.

De même, l’Estivale sera cette année adaptée à la situation financière de notre ville. Les animations et les propositions du service jeunesse seront beaucoup plus présentes dans les quartiers pour favoriser la proximité avec les enfants et les jeunes. Par ailleurs, un important programme d’activités sera déployé sur les 12 hectares du Grand Parc.

En avril, vous avez aussi été confronté à un problème délicat avec

l’installation sur le territoire de la ville de réfugiés Syriens. Comment avez-vous

réussi à gérer cette situation d’urgence ?

Le travail quotidien d’un maire est aussi de faire face aux urgences avec bon sens et humanité. Quand vous avez 150 personnes qui arrivent en mairie en vous demandant de l’aide alors qu’ils ont fui les bombardements, il est difficile de considérer que vous ne pouvez pas répondre à leurs attentes parce que vous n’avez pas les moyens de les aider.

Répondre comme ils le souhaitaient en acceptant d’ouvrir un gymnase aurait été apporter une solution de facilité à l’État et cette solution se serait transformée en une gestion à très long terme de cette population en déshérence. Je me suis refusé à cela.

J’ai donc accédé à leur demande en débloquant une subvention exceptionnelle pour leur payer une nuit d’hôtel.

Dans le même temps, j’ai fermé le parc Édouard-Vaillant dans lequel ils s’étaient installés pour faire comprendre au préfet qu’il devait agir vite. En une semaine, le dossier syrien a été bouclé et, depuis, le square Edouard-Vaillant est rouvert aux Audoniens.

Quelles sont vos priorités pour les prochains mois ?

Une reconstruction globale des services administratifs est nécessaire. La première décision que j’ai prise a été d’ouvrir une permanence toutes les semaines pour recevoir les agents communaux.

J’ai besoin de leur expliquer qu’ensemble nous avons une mission importante, celle de rétablir le lien et la confiance entre les Audoniens et leur administration. J’ai senti beaucoup de souffrance dans ce personnel, mais je sens aussi beaucoup d’espérance vis-à-vis de cette nouvelle majorité.

Je ne les décevrai pas car je veux que le service public prenne tout son sens dans notre ville. Toute l’équipe municipale est au travail car les chantiers à mener sont immenses : les conditions d’accueil dans les écoles, le niveau scolaire, la mise en place ou pas des fameux rythmes scolaires dont personne ne veut vraiment, à part un gouvernement qui souhaite se décharger financièrement sur les collectivités.

La réhabilitation des centres de vacances, la nouvelle définition que nous voulons donner au projet des Docks, l’avenir du stade Bauer, la rénovation de nos grands ensembles que sont les cités Cordon ou le Vieux Saint-Ouen, avec un plan massif de réhabilitation pour permettre aux Audoniens les plus modestes de vivre dans la dignité et la tranquillité…

Et, bien évidemment, la lutte contre les trafics de drogue, qui passera par un plan massif de déploiement de vidéosurveillance et la présence d’une police municipale totalement réorganisée qui travaillera 7jours/7. Douze mois, c’est le temps qu’il va nous falloir pour prendre l’intégralité des décisions nécessaires et mettre tout cela en place durant les six années de mandat. Bien évidemment, ce sont là nos priorités mais nous n’oublions pas la santé, la culture, la propreté, le commerce…

Force est de constater que, à Saint-Ouen, tout est important quand on fait le diagnostic de l’état dans lequel nous avons trouvé la ville.

« Toute l’équipe municipale est au travail car les chantiers à mener sont immenses. »

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